UN ETE' ITALIEN

Une proposition d'exposition d'Andrea Aversa (qui la versione in italiano)

De quelle manière la mémoire collective est créée, évolue pour ensuite redessiner le passé et offrir aux nouvelles générations un regard différent sur les choses et une nouvelle version de notre histoire? Pour Andrea Aversa c'est la culture pop le moteur de ces mécanismes, le récipient où les symboles, les objets, les lieux sont recelés et amoncelés inconsciemment dans notre quotidien. C'est bien à partir de tous ces éléments qu'Andrea Aversa construit des mises en scène où présent et passé sont liés, matériel d'archive et fiction sont mélangés : des dispositifs de lecture de l'histoire qui puissent remettre en jeu la version officielle et devenir ainsi des instruments critiques à disposition du public. Ces dernières années l'artiste s'est intéressé à l'architecture fasciste de la ville de Rome, sa ville d'adoption depuis l'âge de onze ans ; cet intérêt - né de cet aspect autobiographique - a été l'occasion de développer autour de cette vaste thématique une réflexion sur la relation entre arts et propagande, symboles et significations, originalité et détournement. De plus, l'artiste tente de définir les enjeux que l'héritage de cette architecture nous présente, et il le fait en invitant directement le public à prendre part à cette proposition d'exposition. Eté Italien est un projet qui se déroule en deux phases de production distinctes : la première partie inhérente à la recherche plastique de l'artiste, qui regroupe notamment des installations, des sculptures, des dessins et des photos. La deuxième partie se déroule avec la participation du public à travers un cycle d'ateliers et de rencontres : la reconstitution du gymnase privé de Benito Mussolini avec des dessins d'enfants, des cours de gymnastique douce pour personnes âgées, un laboratoire d'horticulture qui évoque la période des sanctions et de l'autarcie... L'idée de l'artiste est d'impliquer le public dans un processus de création d'une nouvelle mémoire collective, qui puisse servir de véritable instrument critique pour comprendre notre passé mais aussi pour marquer notre espace, notre savoir commun dans une démarche d'appropriation culturelle. La chronologie présentée ici est le résultat du hasard plutôt que d'un travail d'historien : certaines dates, lieux, et symboles du ' Ventennio ' (dans la partie gauche du tableau) ont captivé l'attention de l'artiste, sa curiosité, souvent car ils ont caractérisé son quotidien romain, en tant que petit gar¬ćon d'abord et comme adulte aujourd'hui. Ces éléments, qui n'ont pas la prétention d'être exhaustifs, ont été listés par l'artiste et trouvent - parfois avec ironie - leur interprétation dans la proposition d'exposition illustrée ici.

Benedetta Di Loreto


1942

1939

1939-1938

1937

1936

1936

1935

1935

1934

1926